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Délai de prescription pour porter plainte en cas d'usurpation d'identité en France

Mis à jour le 11 septembre 2026Articles de loi vérifiés sur Légifrance

En France, l’usurpation d’identité est un délit puni par la loi (article 226-4-1 du Code pénal). Si vous en êtes victime, vous disposez d’un délai légal pour porter plainte, appelé délai de prescription. Ce délai est généralement de 6 ans pour les délits, mais il peut varier selon les circonstances. Ce guide vous explique les règles applicables et les étapes à suivre pour agir dans les temps.

Qu’est-ce que le délai de prescription ?

Le délai de prescription est la période pendant laquelle une victime peut engager des poursuites pénales contre l’auteur d’une infraction. Une fois ce délai écoulé, il n’est plus possible de porter plainte pour cette infraction.

En matière d’usurpation d’identité, l’infraction est généralement considérée comme un délit. Selon l’article 8 du Code de procédure pénale, le délai de prescription pour les délits est de **6 ans**. Ce délai commence à courir à partir du jour où l’infraction a été commise ou, si elle a été dissimulée, à partir du jour où elle a été découverte.

Exemple : Si vous découvrez en 2024 qu’une personne a usurpé votre identité en 2018 pour ouvrir un crédit, le délai de 6 ans commence à courir à partir de 2024, date de la découverte de l’infraction.

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Cas particuliers et exceptions

Certaines situations peuvent modifier le point de départ du délai de prescription ou son application :

- **Infraction continue** : Si l’usurpation d’identité se poursuit dans le temps (par exemple, utilisation prolongée de vos données pour des achats frauduleux), le délai de prescription ne commence à courir qu’à partir du dernier acte commis.

- **Mineurs victimes** : Si la victime est mineure au moment des faits, le délai de prescription ne commence à courir qu’à partir de sa majorité (article 9-1 du Code de procédure pénale).

- **Délai de prescription pour les infractions connexes** : Si l’usurpation d’identité est associée à d’autres infractions (escroquerie, faux et usage de faux), les délais de prescription peuvent varier. Par exemple, l’escroquerie (article 313-1 du Code pénal) et le faux et usage de faux (article 441-1 du Code pénal) sont également des délits punis de 6 ans de prescription.

Que faire si le délai de prescription est dépassé ?

Si le délai de prescription est dépassé, il n’est plus possible d’engager des poursuites pénales contre l’auteur de l’usurpation. Cependant, vous pouvez toujours :

- **Engager une action en responsabilité civile** : Même si l’action pénale est prescrite, vous pouvez demander réparation du préjudice subi devant un tribunal civil (article 1240 du Code civil). Le délai pour agir en responsabilité civile est de **5 ans** à partir de la connaissance du dommage.

- **Demander une indemnisation** : Si l’auteur de l’infraction est insolvable, vous pouvez solliciter une indemnisation auprès de la **Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI)** (articles 706-3 et 706-14 du Code de procédure pénale). Cette démarche est possible même si l’auteur n’a pas été identifié ou condamné.

- **Signaler les faits** : Même sans dépôt de plainte, vous pouvez signaler les faits aux plateformes concernées (banques, administrations, réseaux sociaux) pour faire cesser l’usurpation et limiter les conséquences.

Comment calculer le délai de prescription ?

Pour calculer le délai de prescription, voici les règles à retenir :

- **Point de départ** : Le délai commence à courir à partir du jour où l’infraction a été commise ou, si elle a été dissimulée, à partir du jour où vous en avez eu connaissance.

- **Interruption du délai** : Le délai peut être interrompu par certains actes (dépôt de plainte, convocation devant un tribunal, etc.). Dans ce cas, un nouveau délai de 6 ans recommence à courir.

- **Suspension du délai** : Le délai peut être suspendu dans certaines situations (par exemple, si l’auteur de l’infraction est en fuite ou si la victime est dans l’impossibilité d’agir). Une fois la cause de suspension levée, le délai reprend son cours là où il s’était arrêté.

La démarche, étape par étape

Le parcours en un coup d’œil

  1. Vous

    Le point de départ de la démarche.

  2. 1

    Étape 1 : Vérifier la date des faits

    Identifiez la date à laquelle l’usurpation d’identité a eu lieu ou la date à laquelle vous en avez pris connaissance. Cela vous permettra de déterminer si le délai de prescription est dépassé ou non.

  3. 2

    Étape 2 : Consulter un professionnel si nécessaire

    Si vous avez un doute sur le calcul du délai ou sur les démarches à suivre, vous pouvez consulter un professionnel (avocat, association d’aide aux victimes comme France Victimes au 116 006) pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.

  4. 3

    Étape 3 : Déposer plainte dans les délais

    Si le délai de prescription n’est pas dépassé, déposez plainte rapidement. Vous pouvez le faire en ligne via la plateforme THESEE ([Ministère de l’Intérieur](https://www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/thesee-arnaques-internet-plainte-en-ligne)) ou en vous rendant dans un commissariat ou une gendarmerie. Conservez une copie de votre plainte.

  5. 4

    Étape 4 : Signaler l’usurpation aux organismes concernés

    Même si vous ne portez pas plainte, signalez l’usurpation aux organismes concernés (banques, administrations, réseaux sociaux) pour limiter les conséquences. Par exemple, vous pouvez contacter votre banque pour faire opposition sur vos moyens de paiement (article L133-18 du Code monétaire et financier).

  6. 5

    Étape 5 : Engager une action civile si nécessaire

    Si le délai de prescription pénale est dépassé, vous pouvez engager une action en responsabilité civile pour obtenir réparation de votre préjudice. Cette démarche doit être effectuée dans un délai de 5 ans à partir de la connaissance du dommage (article 1240 du Code civil).

  7. L’organisme traite votre demande

    Averida suit le délai légal de réponse et génère une relance si personne ne répond.

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Questions fréquentes

Que faire si je découvre une usurpation d’identité plusieurs années après les faits ?

Le délai de prescription de 6 ans commence à courir à partir du jour où vous avez découvert l’usurpation. Si ce délai n’est pas dépassé, vous pouvez encore porter plainte. Dans le cas contraire, vous pouvez engager une action en responsabilité civile ou demander une indemnisation via la CIVI.

Le délai de prescription est-il le même pour toutes les formes d’usurpation d’identité ?

Oui, le délai de prescription pour l’usurpation d’identité (article 226-4-1 du Code pénal) est de 6 ans, quel que soit le type d’usurpation (bancaire, administrative, en ligne, etc.). Cependant, si l’usurpation est associée à d’autres infractions (escroquerie, faux), les délais peuvent varier.

Puis-je porter plainte si l’auteur de l’usurpation est inconnu ?

Oui, vous pouvez porter plainte même si l’auteur de l’usurpation est inconnu. La plainte sera enregistrée et une enquête pourra être ouverte pour tenter d’identifier l’auteur. Vous pouvez déposer plainte en ligne via la plateforme THESEE ou en vous rendant dans un commissariat ou une gendarmerie.

Que faire si ma banque refuse de me rembourser des frais liés à une usurpation d’identité ?

Si votre banque refuse de vous rembourser, vous pouvez saisir le médiateur bancaire (article L316-1 du Code monétaire et financier). Cette démarche est gratuite et doit être précédée d’une réclamation écrite auprès de votre banque. Vous disposez d’un délai d’un an à partir de la réponse de la banque pour saisir le médiateur (article L612-2 du Code de la consommation).

Comment prouver une usurpation d’identité ?

Pour prouver une usurpation d’identité, conservez tous les éléments qui peuvent attester des faits : relevés bancaires, captures d’écran, échanges de mails ou SMS frauduleux, témoignages, etc. Ces preuves seront utiles pour votre plainte ou une éventuelle action en justice.

Sources officielles

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Averida génère vos courriers juridiques et vous accompagne dans leur envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.