Faux profil à mon nom sur les réseaux sociaux : le faire supprimer et faire valoir vos droits
Mis à jour le 30 mai 2026
Si quelqu'un a créé un faux compte à votre nom ou avec vos photos sur un réseau social, vous pouvez agir sur deux fronts en parallèle. D'abord, le signalement à la plateforme : tous les grands réseaux disposent d'un formulaire dédié à l'usurpation d'identité, et ils sont tenus d'agir, une fois correctement informés, contre un contenu illicite signalé (règlement européen sur les services numériques, dit DSA, règlement (UE) 2022/2065, art. 16). Ensuite, la voie pénale : créer un faux profil pour troubler votre tranquillité ou nuire à votre réputation est une usurpation d'identité, punie d'un an de prison et 15 000 € d'amende, y compris lorsqu'elle est commise en ligne (Code pénal, art. 226-4-1). Avant tout, conservez des preuves datées (captures d'écran avec l'URL visible). Vous pouvez aussi signaler le contenu sur la plateforme PHAROS et, si vos photos sont reprises, invoquer votre droit à l'image (Code civil, art. 9). Ce guide vous donne la marche à suivre, étape par étape.
Ce que dit la loi : créer un faux profil à votre nom est une infraction
Usurper l'identité d'un tiers pour troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou pour porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est un délit. L'article 226-4-1 du Code pénal le punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, et précise expressément que l'infraction est punie des mêmes peines lorsqu'elle est commise sur un réseau de communication au public en ligne. Un faux compte sur un réseau social entre donc pleinement dans ce cadre.
Le même article prévoit des peines aggravées, portées à deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, lorsque les faits sont commis par le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS de la victime. C'est une situation fréquente dans les contextes de séparation conflictuelle, où un ex-partenaire crée un faux profil pour nuire.
Il n'est pas nécessaire que l'auteur ait gagné de l'argent ni provoqué un préjudice financier : le simple fait de se faire passer pour vous en vue de troubler votre tranquillité ou d'atteindre votre réputation suffit à caractériser le délit. Vous n'avez donc pas à attendre qu'un dommage concret survienne pour agir.
Vos photos détournées : droit à l'image et montages truqués
Si le faux profil reprend vos photos, vous pouvez aussi invoquer le droit à l'image, qui découle de l'article 9 du Code civil : chacun a droit au respect de sa vie privée. Sur ce fondement, le juge peut, en cas d'urgence et en référé, ordonner toutes mesures propres à faire cesser l'atteinte (par exemple le retrait des images). Personne ne peut diffuser votre image sans votre consentement.
Lorsque vos paroles ou votre image sont reprises dans un montage trompeur, l'article 226-8 du Code pénal s'applique : porter à la connaissance du public un montage réalisé avec les paroles ou l'image d'une personne sans son consentement est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, sauf s'il apparaît à l'évidence qu'il s'agit d'un montage ou s'il en est expressément fait mention.
Depuis la loi du 21 mai 2024 (dite loi SREN), ce même article 226-8 couvre désormais explicitement les contenus visuels ou sonores générés par un traitement algorithmique, c'est-à-dire les hypertrucages (deepfakes). Et lorsque la diffusion a lieu via un service de communication au public en ligne, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
Signaler à la plateforme : la voie la plus rapide pour obtenir le retrait
Le signalement directement à la plateforme est presque toujours le moyen le plus rapide d'obtenir la suppression d'un faux profil. Tous les grands réseaux sociaux proposent un formulaire spécifique pour l'usurpation d'identité, distinct du simple signalement de contenu. Choisissez bien le motif « usurpation d'identité » ou « quelqu'un se fait passer pour moi », et non « contenu inapproprié » : le traitement et les preuves demandées ne sont pas les mêmes.
La plateforme vous demandera généralement de prouver votre identité (souvent une pièce d'identité) et de désigner précisément le compte litigieux par son URL. Préparez ces éléments à l'avance pour accélérer le traitement. Conservez l'accusé de réception et le numéro de dossier que la plateforme vous communique.
Si le réseau ne réagit pas, adressez une notification formelle via le mécanisme de signalement de la plateforme. Depuis le règlement européen sur les services numériques (DSA, règlement (UE) 2022/2065), les plateformes en ligne doivent mettre à disposition un mécanisme permettant de signaler un contenu illicite et traiter ces signalements de manière diligente (art. 16). Une notification écrite, précise et motivée déclenche cette obligation : c'est tout l'intérêt d'un signalement formel et daté.
Signaler à PHAROS et porter plainte
En parallèle du signalement à la plateforme, vous pouvez signaler le faux profil sur PHAROS, la plateforme officielle de signalement des contenus illicites de l'État (accessible via le portail internet-signalement.gouv.fr). Ce signalement alimente l'action des services compétents ; il ne remplace pas un dépôt de plainte mais le complète utilement.
Pour faire valoir vos droits au pénal, déposez plainte. Vous pouvez le faire dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, qui ne peut pas refuser votre plainte, ou par courrier auprès du procureur de la République. Le service en ligne THESEE est réservé à certaines escroqueries commises sur internet et ne couvre pas le faux profil : c'est la plainte classique qui s'applique. Nous y consacrons un guide dédié (porter plainte pour usurpation d'identité).
Joignez à votre plainte l'ensemble de vos preuves : captures d'écran datées du faux profil et de son URL, copies des messages frauduleux éventuels, et les références des signalements déjà effectués. Plus votre dossier est documenté, plus l'enquête peut avancer rapidement.
Demander l'effacement de vos données et nettoyer les traces
Une fois le faux compte supprimé, des données vous concernant peuvent subsister : copies du profil, résultats dans les moteurs de recherche, contenus republiés ailleurs. Le règlement général sur la protection des données (RGPD, art. 17) vous reconnaît un droit à l'effacement : vous pouvez demander à un site ou à un moteur de recherche d'effacer les données personnelles vous concernant lorsque leur traitement est illicite.
Si vos demandes restent sans réponse satisfaisante, vous pouvez saisir la CNIL, l'autorité française de protection des données. Nous détaillons cette démarche, courriers à l'appui, dans un guide dédié à l'effacement des données et au signalement à la CNIL après une usurpation.
Pensez aussi à prévenir vos contacts que ce compte n'est pas le vôtre, afin de limiter le risque que des proches soient sollicités ou trompés par l'usurpateur pendant le temps du retrait.
Comment Averida vous aide
Averida transforme cette procédure en un parcours guidé, sans jargon. À partir de votre situation, l'outil génère les courriers adaptés : notification formelle à la plateforme et à l'hébergeur, courrier de demande d'effacement, et le cas échéant les pièces utiles à votre plainte. Chaque courrier cite les articles de loi exacts (Code pénal 226-4-1 et 226-8, Code civil art. 9, DSA — règlement (UE) 2022/2065 — art. 16, RGPD art. 17).
Averida envoie ensuite vos courriers en recommandé, suit les délais légaux de réponse et vous alerte au bon moment pour relancer si un organisme ne répond pas. Vous gardez une vue claire de l'avancement : ce qui est envoyé, ce qui est en attente, et vos preuves rassemblées au même endroit.
Averida orchestre vos démarches et vous fait gagner du temps. L'outil ne se substitue pas aux plateformes ni aux autorités : le retrait du contenu et les suites de votre plainte restent à leur appréciation.
La démarche, étape par étape
Le parcours en un coup d’œil
Vous
Le point de départ de la démarche.
- 1
Rassemblez les preuves sans attendre
Faites des captures d'écran du faux profil en veillant à ce que l'URL (l'adresse du compte), le nom affiché et la date soient bien visibles. Capturez aussi les éventuels messages envoyés en votre nom. Ces preuves sont indispensables pour la plateforme comme pour une plainte, et le faux compte peut disparaître à tout moment.
- 2
Signalez le compte à la plateforme via le formulaire « usurpation d'identité »
Utilisez le formulaire dédié à l'usurpation d'identité du réseau concerné (et non le simple signalement de contenu). Indiquez l'URL exacte du faux compte et joignez la preuve d'identité demandée. Notez le numéro de dossier et conservez l'accusé de réception.
- 3
Notifiez formellement l'hébergeur si le retrait tarde
En l'absence de retrait, adressez une notification écrite, précise et motivée via le mécanisme de signalement de la plateforme, au titre de l'article 16 du règlement européen sur les services numériques (DSA). Cette notification déclenche l'obligation de traiter le signalement de manière diligente. Un envoi daté et conservé fait foi.
- 4
Signalez le contenu sur PHAROS
Effectuez un signalement sur la plateforme officielle PHAROS (internet-signalement.gouv.fr). Ce signalement complète vos démarches ; il ne remplace pas la plainte mais permet aux services de l'État d'être informés.
- 5
Déposez plainte pour usurpation d'identité
Déposez plainte en commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. (Le service en ligne THESEE est réservé à certaines escroqueries commises sur internet et ne couvre pas le faux profil.) Joignez toutes vos preuves et les références de vos signalements. Voir notre guide dédié au dépôt de plainte pour usurpation d'identité.
- 6
Demandez l'effacement des données restantes
Une fois le compte supprimé, exercez votre droit à l'effacement (RGPD, art. 17) auprès des sites et moteurs de recherche qui afficheraient encore des traces. En cas de refus, saisissez la CNIL. Voir notre guide dédié à l'effacement des données et au signalement à la CNIL.
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Lancer mon diagnostic gratuitQuestions fréquentes
Combien de temps faut-il pour faire supprimer un faux profil ?
Cela dépend de la plateforme et de la complétude de votre signalement. Le formulaire « usurpation d'identité » avec preuve d'identité et URL exacte est la voie la plus rapide. Si le retrait tarde, une notification formelle via le mécanisme de signalement de la plateforme, au titre de l'article 16 du règlement européen sur les services numériques (DSA), déclenche son obligation de traiter le signalement avec diligence. Aucun délai chiffré unique n'est garanti par la loi : la diligence s'apprécie au cas par cas.
Dois-je porter plainte même si la plateforme a déjà supprimé le compte ?
Oui, c'est recommandé si vous souhaitez que l'auteur soit identifié et poursuivi. Le retrait du contenu et les poursuites pénales sont deux choses distinctes : la suppression du profil ne sanctionne pas l'usurpateur. Conservez vos preuves même après le retrait, car le compte peut disparaître des serveurs de la plateforme.
Le faux profil utilise mes photos : que puis-je faire de plus ?
Vous pouvez invoquer votre droit à l'image fondé sur l'article 9 du Code civil : nul ne peut diffuser votre image sans votre consentement, et le juge peut en urgence ordonner des mesures pour faire cesser l'atteinte. Si vos photos ou paroles sont intégrées dans un montage trompeur, y compris un contenu généré par intelligence artificielle, l'article 226-8 du Code pénal peut également s'appliquer.
Que faire si l'auteur est anonyme ou à l'étranger ?
L'anonymat n'empêche pas d'agir. Le signalement à la plateforme permet le retrait sans connaître l'auteur, et la plainte peut viser un auteur inconnu : l'enquête peut chercher à l'identifier auprès de la plateforme. Le signalement PHAROS reste utile quelle que soit la localisation supposée de l'auteur.
Comment Averida m'aide concrètement dans cette situation ?
Averida génère vos courriers adaptés (notification à la plateforme et à l'hébergeur, demande d'effacement, pièces pour la plainte) avec les articles de loi exacts, les envoie en recommandé, suit les délais de réponse et vous alerte pour relancer si besoin. Averida orchestre vos démarches et vous fait gagner du temps ; le retrait et les suites restent à l'appréciation des plateformes et des autorités.
Sources officielles
- Code pénal, article 226-4-1 (usurpation d'identité, y compris en ligne) — Légifrance
- Code pénal, article 226-8 (montage et contenu généré algorithmiquement sans consentement) — Légifrance
- Code civil, article 9 (droit au respect de la vie privée et à l'image) — Légifrance
- Règlement (UE) 2022/2065 du 19 octobre 2022 sur les services numériques (DSA), article 16 (mécanisme de notification des contenus illicites) — EUR-Lex
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Averida génère vos courriers juridiques et en assure l'envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.