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Lettre à sa banque après une opération non autorisée : contester et se faire rembourser

Mis à jour le 30 mai 2026

Si vous constatez un prélèvement, un paiement ou un virement que vous n'avez pas autorisé, votre banque doit vous rembourser immédiatement le montant de l'opération, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement (article L133-18 du Code monétaire et financier), sauf si elle a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de votre part. Pour déclencher ce droit, deux gestes : faire opposition sans attendre, puis signaler l'opération par écrit (de préférence en recommandé). Vous avez jusqu'à 13 mois après la date de débit pour contester. Ce guide vous explique quoi écrire, dans quel ordre, et quels recours activer en cas de refus.

Ce que dit la loi : remboursement immédiat des opérations non autorisées

Le principe est clair et protecteur. Selon l'article L133-18 du Code monétaire et financier, lorsque vous signalez une opération de paiement que vous n'avez pas autorisée, votre banque doit vous en rembourser le montant immédiatement après avoir été informée, et en tout état de cause au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant. Le compte doit être remis dans l'état où il se serait trouvé si l'opération n'avait pas eu lieu.

Ce remboursement s'applique aux prélèvements, virements et paiements par carte que vous n'avez pas consentis. La seule exception prévue par la loi : si la banque a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de votre part, elle peut différer le remboursement, mais elle doit alors communiquer ces raisons par écrit à la Banque de France. Un simple soupçon non motivé ne suffit pas à justifier un refus.

Si la banque ne respecte pas ce délai, les sommes dues produisent des intérêts : au taux légal majoré de 5 points, puis de 10 points au-delà de 7 jours de retard, et de 15 points au-delà de 30 jours. La loi met donc la pression sur la banque, pas sur vous. C'est ce cadre que votre courrier doit rappeler, sans agressivité, pour être pris au sérieux.

La franchise de 50 € et les cas où vous ne payez rien

Dans le cas particulier d'une carte perdue ou volée, l'article L133-19 prévoit que vous pouvez supporter, avant d'avoir fait opposition, les pertes liées à l'utilisation de la carte dans la limite de 50 €. Au-delà de ce plafond, et pour toutes les opérations passées après votre opposition, vous ne devez rien.

Surtout, cette franchise de 50 € ne s'applique pas dans plusieurs situations fréquentes en cas d'usurpation. Vous ne supportez aucune perte si l'opération a été réalisée sans utiliser vos données de sécurité personnalisées (par exemple un paiement à distance avec vos seuls numéros de carte), si la perte n'était pas détectable avant le paiement, ou encore si la banque n'a pas exigé l'authentification forte que la loi impose. Dans ce dernier cas, vous avez droit au remboursement intégral, sauf fraude de votre part.

À l'inverse, vous supportez l'intégralité des pertes si la banque démontre que vous avez agi frauduleusement, ou que vous avez fait preuve d'une négligence grave (par exemple noter votre code à côté de la carte). La négligence grave va au-delà d'une simple imprudence : c'est à la banque de la prouver, pas à vous de prouver votre prudence. En cas d'usurpation, vous êtes une victime, pas l'auteur : votre courrier doit l'affirmer clairement.

Premier réflexe : faire opposition immédiatement

Avant même d'écrire, bloquez ce qui peut l'être. Si une carte est concernée, faites opposition sans délai auprès de votre banque ou via le serveur interbancaire d'opposition (0 892 705 705). S'il s'agit d'un prélèvement, demandez à votre banque de le rejeter et, si possible, de révoquer le mandat de prélèvement frauduleux. Pour un virement, signalez-le immédiatement pour tenter de le bloquer s'il n'est pas encore exécuté.

L'opposition est une étape distincte du signalement écrit, mais elle est tout aussi importante : elle arrête l'hémorragie et fixe une date qui détermine votre niveau de responsabilité. Notez précisément la date, l'heure et le numéro d'enregistrement de votre opposition, vous les réutiliserez dans votre courrier.

Bon à savoir : votre banque ne peut pas exiger un dépôt de plainte préalable pour traiter votre demande de remboursement. Le dépôt de plainte reste utile et recommandé, mais il ne conditionne pas le remboursement de l'opération non autorisée.

Signaler par écrit : ce que doit contenir votre courrier

Le signalement écrit est la pièce maîtresse. Adressez-le à votre agence ou au service client de votre banque, de préférence en lettre recommandée avec accusé de réception, pour dater votre demande et conserver une preuve. C'est cette date qui fait courir le délai de remboursement de la banque.

Votre courrier doit identifier clairement chaque opération contestée : date de débit, montant, libellé, et le cas échéant le bénéficiaire. Indiquez que ces opérations n'ont pas été autorisées par vous, dans un contexte d'usurpation de votre identité. Rappelez votre opposition (date et numéro), et demandez expressément le remboursement immédiat en visant l'article L133-18 du Code monétaire et financier.

Restez factuel et calme. Joignez les justificatifs utiles (relevé de compte annoté, récépissé de plainte si vous l'avez déjà, confirmation d'opposition) et conservez une copie de l'ensemble. Demandez une réponse écrite. Ce dossier vous servira si vous devez saisir le médiateur.

En cas de refus : relance puis médiateur bancaire

Si la banque refuse, tarde ou ne motive pas son refus, ne restez pas bloqué. Commencez par une relance écrite auprès du service client, en recommandé, rappelant le cadre légal et le délai non respecté. Demandez une réponse motivée par écrit : la banque doit justifier un refus, elle ne peut pas se contenter d'un soupçon vague.

Si le service client ne répond pas de façon satisfaisante, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur bancaire. Pour un litige portant sur un service de paiement, le médiateur peut être saisi en l'absence de réponse satisfaisante du service client dans un délai de 15 jours. Les coordonnées du médiateur figurent sur vos relevés, sur le site de votre banque et dans votre convention de compte.

La saisine du médiateur suspend les délais de prescription et reste sans frais. Si la médiation n'aboutit pas, la voie judiciaire reste ouverte. Important : le délai de 13 mois concerne le signalement de l'opération, pas l'action en justice. Dès lors que vous avez signalé dans les temps, vous conservez le droit d'agir ensuite dans le délai de droit commun.

Ne pas oublier : plainte et signalements en parallèle

Le courrier à la banque traite l'argent, mais l'usurpation elle-même justifie d'autres démarches menées en parallèle. Déposez plainte pour usurpation d'identité et utilisation frauduleuse de moyens de paiement : c'est utile pour faire valoir vos droits et documenter la fraude. Pour une fraude à la carte bancaire, vous pouvez aussi effectuer un signalement via le téléservice Perceval, après avoir fait opposition.

Selon votre situation, d'autres organismes peuvent être concernés : la Banque de France si un fichage (FICP, FCC) résulte de la fraude, la CNIL si vos données personnelles ont été exploitées. Cybermalveillance.gouv.fr peut vous orienter et vous mettre en relation avec des dispositifs d'aide aux victimes.

L'enjeu est de traiter chaque conséquence de l'usurpation sans en oublier, tout en respectant les délais propres à chaque organisme. Mener ces démarches de front, avec des courriers adaptés et un suivi des réponses, évite qu'un dossier ne reste sans suite.

La démarche, étape par étape

Le parcours en un coup d’œil

  1. Vous

    Le point de départ de la démarche.

  2. 1

    Faire opposition immédiatement

    Bloquez la carte, le prélèvement ou le virement concerné auprès de votre banque ou via le serveur interbancaire d'opposition (0 892 705 705). Notez la date, l'heure et le numéro d'enregistrement de l'opposition.

  3. 2

    Identifier précisément les opérations contestées

    Listez chaque débit non autorisé : date, montant, libellé et bénéficiaire si visible. Annotez votre relevé de compte, qui servira de justificatif.

  4. 3

    Envoyer le signalement écrit en recommandé

    Adressez à votre banque une lettre recommandée avec accusé de réception signalant les opérations non autorisées, rappelant votre opposition et demandant le remboursement immédiat au titre de l'article L133-18 du Code monétaire et financier. Conservez une copie.

  5. 4

    Déposer plainte et signaler la fraude

    Déposez plainte pour usurpation d'identité et fraude aux moyens de paiement. Pour une fraude à la carte, effectuez un signalement Perceval. La plainte n'est pas un préalable obligatoire au remboursement, mais elle consolide votre dossier.

  6. 5

    Vérifier le remboursement dans les délais

    La banque doit rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement. Contrôlez votre compte et, en cas de retard, relancez par écrit en rappelant les intérêts de retard prévus par la loi.

  7. 6

    Saisir le médiateur bancaire en cas de refus

    Si la banque refuse ou ne répond pas de façon satisfaisante, saisissez gratuitement le médiateur bancaire (coordonnées sur vos relevés et votre convention de compte). La voie judiciaire reste ouverte ensuite.

  8. L’organisme traite votre demande

    Averida suit le délai légal de réponse et génère une relance si personne ne répond.

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Le diagnostic est gratuit et sans inscription : il identifie vos démarches et prépare les bons courriers, prêts à partir en recommandé.

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Questions fréquentes

Dans quel délai la banque doit-elle me rembourser une opération non autorisée ?

Immédiatement après votre signalement, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant (article L133-18 du Code monétaire et financier). La seule exception est un soupçon de fraude de votre part, que la banque doit motiver par écrit auprès de la Banque de France.

Combien de temps ai-je pour contester une opération non autorisée ?

Vous devez signaler l'opération sans tarder, et au plus tard dans les 13 mois suivant la date de débit, sous peine de forclusion (article L133-24 du Code monétaire et financier).

Vais-je supporter une franchise de 50 € ?

La franchise de 50 € ne concerne que les pertes liées à une carte perdue ou volée, avant votre opposition. Vous ne payez rien si l'opération a été faite sans authentification forte, sans vos données de sécurité, ou après votre opposition. Vous ne supportez tout que si la banque prouve une fraude ou une négligence grave de votre part.

La banque peut-elle exiger un dépôt de plainte avant de me rembourser ?

Non. Votre banque ne peut pas conditionner l'examen de votre demande de remboursement à un dépôt de plainte. La plainte reste utile pour documenter l'usurpation, mais elle n'est pas un préalable au remboursement.

Comment Averida m'aide ?

Averida génère votre courrier de signalement à la banque pré-rempli, en y intégrant les bons articles de loi, l'envoie en recommandé pour vous, suit le délai de réponse et vous alerte pour relancer si besoin. Averida n'est pas un cabinet d'avocats et ne fournit pas de conseil juridique personnalisé.

Sources officielles

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Averida génère vos courriers juridiques et en assure l'envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.