Un abonnement téléphonique a été souscrit à mon nom : que faire
Mis à jour le 30 mai 2026
Si un abonnement mobile ou internet a été ouvert à votre nom sans votre accord, vous n'êtes en principe pas tenu de le payer : un contrat n'est valablement formé que si vous y avez consenti (article 1128 du Code civil), et c'est à l'opérateur, et non à vous, de prouver que vous l'avez signé (article 1353 du Code civil). La marche à suivre est claire : contestez par écrit auprès de l'opérateur en recommandé, demandez l'annulation du contrat pour usurpation d'identité et l'arrêt immédiat du recouvrement, et joignez votre dépôt de plainte. Cette plainte pour usurpation d'identité (article 226-4-1 du Code pénal) se dépose au commissariat ou à la gendarmerie, et non via le service THESEE, qui ne couvre pas l'usurpation d'identité. En cas de blocage, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur des communications électroniques après une réclamation écrite restée sans réponse. Pensez aussi à vérifier que vous n'avez pas été inscrit à tort au fichier Preventel des impayés télécom, et à demander sa rectification le cas échéant.
Pourquoi un abonnement souscrit à votre insu ne vous engage pas
En droit français, un contrat n'est valable que si trois conditions sont réunies : le consentement des parties, leur capacité à contracter et un contenu licite et certain (article 1128 du Code civil). Un abonnement signé par un fraudeur qui a utilisé votre nom et vos données n'a jamais reçu votre consentement : pour vous, ce contrat est dépourvu de fondement. Vous n'êtes donc pas le client de l'opérateur, même si votre nom figure sur les factures.
Un point juridique est décisif et joue en votre faveur : la charge de la preuve. L'article 1353 du Code civil prévoit que celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. C'est donc à l'opérateur de démontrer que vous avez bien souscrit, en produisant le contrat signé et les justificatifs d'identité utilisés. Ce n'est pas à vous de prouver que vous n'avez rien signé. Cette règle est l'argument central de votre courrier de contestation.
Les opérateurs vérifient en principe l'identité du souscripteur au moment de l'ouverture de ligne, notamment via le fichier Preventel. Lorsqu'un contrat a été ouvert avec des pièces falsifiées ou usurpées, la responsabilité de cette défaillance ne peut pas vous être transférée. Vous restez une victime, pas un débiteur.
Contester par écrit auprès de l'opérateur et faire stopper le recouvrement
La première démarche concrète est d'écrire à l'opérateur, de préférence en lettre recommandée avec accusé de réception, pour conserver une preuve datée. Ce courrier doit faire trois choses : signaler que l'abonnement résulte d'une usurpation d'identité, demander expressément l'annulation ou la résiliation du contrat sans frais, et exiger l'arrêt immédiat de toute facturation et de toute procédure de recouvrement à votre encontre.
Joignez à ce courrier une copie de votre pièce d'identité et, dès que vous l'avez, le récépissé de votre dépôt de plainte. Demandez aussi à l'opérateur de vous communiquer le contrat litigieux et les justificatifs d'identité présentés lors de la souscription : ces éléments vous permettront de comparer avec votre signature et vos documents réels, et de constater l'usurpation. Conservez une copie de tout ce que vous envoyez.
Si l'opérateur a déjà transmis le dossier à une société de recouvrement, écrivez également à cette société pour l'informer que la dette est contestée et qu'une plainte a été déposée. Une société de recouvrement ne peut pas vous contraindre à payer une somme contestée ; elle ne dispose pas des pouvoirs d'un juge. Tant que l'opérateur n'a pas prouvé l'existence d'un contrat valable, la créance reste contestable.
Déposer plainte pour usurpation d'identité (article 226-4-1 du Code pénal)
L'ouverture d'un abonnement à votre nom relève du délit d'usurpation d'identité, défini par l'article 226-4-1 du Code pénal : le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou de faire usage de ses données pour troubler sa tranquillité ou porter atteinte à son honneur est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Le dépôt de plainte officialise votre statut de victime et constitue une pièce maîtresse pour l'opérateur, le médiateur et, le cas échéant, le fichier Preventel.
Attention à une erreur fréquente : pour l'usurpation d'identité, la plainte se dépose au commissariat de police, à la gendarmerie, ou par courrier auprès du procureur de la République. Le service en ligne THESEE ne traite pas l'usurpation d'identité : il vise seulement certaines escroqueries en ligne (piratage de compte, arnaque sentimentale, faux site marchand, chantage en ligne, par exemple).
Conservez précieusement le récépissé de dépôt de plainte. C'est ce document que vous joindrez à vos courriers à l'opérateur et à la société de recouvrement. Notre guide dédié, porter-plainte-usurpation-thesee, détaille pas à pas où et comment déposer cette plainte sans vous tromper de procédure.
Saisir le médiateur des communications électroniques en cas de blocage
Si l'opérateur ne répond pas ou refuse d'annuler le contrat malgré vos preuves, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur des communications électroniques. Cette saisine suppose d'avoir d'abord effectué une réclamation écrite : vous devez avoir saisi le service client, puis, en l'absence de réponse satisfaisante sous un mois, le service consommateurs de l'opérateur. Si le service client n'a pas répondu dans un délai de deux mois, vous pouvez saisir directement le médiateur sans passer par le service consommateurs.
Vous disposez d'un délai d'un an à compter de votre réclamation écrite auprès de l'opérateur pour saisir le médiateur. La procédure est gratuite pour le consommateur : c'est le professionnel qui en supporte le coût. Le médiateur examine le litige et rend un avis dans un délai maximal de trois mois ; vous avez ensuite un mois pour accepter ou refuser la solution proposée. Cet avis n'est pas imposé, mais il pèse fortement dans la résolution du différend.
Gardez à l'esprit que la médiation ne remplace pas la plainte pénale ni l'annulation contractuelle : elle vise à résoudre le litige commercial avec l'opérateur. Les conditions exactes de saisine sont décrites sur service-public.gouv.fr, que nous vous invitons à consulter pour préparer votre dossier.
Vérifier et corriger un fichage Preventel à tort
Un abonnement frauduleux impayé peut entraîner votre inscription au fichier Preventel, géré par le Groupement d'Intérêt Économique Prévention Télécommunications (GIE Préventel). Ce fichier recense les impayés de téléphonie mobile d'un montant égal ou supérieur à 30 euros, ainsi que les souscriptions réalisées avec des documents falsifiés ou inexacts. Une inscription peut empêcher la souscription d'un nouveau forfait chez de nombreux opérateurs, d'où l'importance de la vérifier.
La durée de conservation est en principe de trois ans pour un impayé, et peut atteindre cinq ans en cas de manquements répétés. Si vous êtes inscrit à la suite d'une usurpation, vous avez le droit de demander la consultation du fichier puis la rectification ou la suppression de votre inscription. La demande s'adresse au GIE Préventel (Service des consultations, TSA 56934, 95905 Cergy Pontoise Cedex 9), accompagnée d'une copie de votre pièce d'identité, ou via leur formulaire en ligne.
Si l'opérateur ou le gestionnaire du fichier ne donne pas suite à votre demande de rectification, vous pouvez saisir la CNIL. Pour aller plus loin sur l'effacement de vos données personnelles diffusées à la suite de l'usurpation, consultez notre guide signalement-cnil-effacement-donnees-usurpation.
Comment Averida vous aide
Averida orchestre l'ensemble de ces démarches pour vous faire gagner du temps et éviter les erreurs de procédure. À partir de votre situation, l'outil génère automatiquement les courriers adaptés : la contestation à l'opérateur avec les bons fondements juridiques (articles 1128 et 1353 du Code civil), la lettre à la société de recouvrement, et la demande de rectification auprès du GIE Préventel. Chaque courrier cite les articles de loi exacts et reste prêt à imprimer ou à envoyer.
Averida envoie ces courriers en recommandé via une interface dédiée, suit les délais légaux de réponse de chaque organisme, et vous alerte au bon moment pour relancer ou, le cas échéant, préparer la saisine du médiateur des communications électroniques. Vous gardez une vision claire de l'avancement de votre dossier, des preuves rassemblées et des échéances à venir.
Averida n'est pas un cabinet d'avocats et ne garantit aucun résultat : le traitement final reste à la discrétion des organismes destinataires. Notre rôle est de générer, d'envoyer, de suivre et d'alerter, pour que vous n'ayez plus à porter seul la charge de ces démarches. Pour une vue d'ensemble de vos droits face à l'usurpation, consultez notre guide pilier usurpation-identite-que-faire.
La démarche, étape par étape
Le parcours en un coup d’œil
Vous
Le point de départ de la démarche.
- 1
Rassemblez les preuves et bloquez ce que vous pouvez
Réunissez les factures et relances reçues, votre pièce d'identité et tout élément montrant que vous n'avez pas souscrit (par exemple, vous étiez déjà client d'un autre opérateur). Notez les dates et numéros de dossier. Ne payez pas la somme réclamée tant que la dette est contestée.
- 2
Déposez plainte pour usurpation d'identité
Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer plainte sur le fondement de l'article 226-4-1 du Code pénal, ou écrivez au procureur de la République. N'utilisez pas THESEE, qui ne couvre pas l'usurpation d'identité. Conservez le récépissé.
- 3
Contestez par écrit auprès de l'opérateur en recommandé
Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception demandant l'annulation du contrat pour usurpation, l'arrêt du recouvrement, et la communication du contrat et des justificatifs utilisés. Joignez votre pièce d'identité et le récépissé de plainte.
- 4
Informez la société de recouvrement
Si une société de recouvrement vous relance, écrivez-lui pour signaler que la dette est contestée et qu'une plainte a été déposée. Rappelez qu'une somme contestée ne peut pas vous être imposée sans décision de justice.
- 5
Vérifiez et faites corriger un éventuel fichage Preventel
Demandez au GIE Préventel la consultation de votre inscription (Service des consultations, TSA 56934, 95905 Cergy Pontoise Cedex 9, ou formulaire en ligne) avec copie de votre pièce d'identité, puis sollicitez la rectification ou la suppression en cas d'usurpation.
- 6
En cas de blocage, saisissez le médiateur des communications électroniques
Après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante (service client puis service consommateurs, ou saisine directe après deux mois sans réponse), saisissez gratuitement le médiateur dans un délai d'un an. Il rend un avis sous trois mois maximum.
L’organisme traite votre demande
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Le diagnostic est gratuit et sans inscription : il identifie vos démarches et prépare les bons courriers, prêts à partir en recommandé.
Lancer mon diagnostic gratuitQuestions fréquentes
Dois-je payer les factures d'un abonnement que je n'ai jamais souscrit ?
Non, en principe. Un contrat n'est valablement formé que si vous y avez consenti (article 1128 du Code civil) et c'est à l'opérateur de prouver que vous l'avez signé (article 1353 du Code civil). Tant que cette preuve n'est pas apportée, la dette reste contestable. Contestez par écrit et ne réglez pas la somme réclamée.
Puis-je utiliser THESEE pour porter plainte ?
Non. Le service en ligne THESEE ne traite pas l'usurpation d'identité. Il vise certaines escroqueries en ligne (piratage de compte, arnaque sentimentale, faux site marchand, chantage en ligne). Pour un abonnement frauduleux souscrit à votre nom, la plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie ou auprès du procureur de la République.
Un abonnement frauduleux peut-il m'empêcher d'en souscrire un nouveau ?
Oui, si l'impayé entraîne une inscription au fichier Preventel, géré par le GIE Préventel, qui recense les impayés d'au moins 30 euros et les souscriptions frauduleuses. Vous pouvez demander la consultation de votre inscription puis sa rectification ou sa suppression en cas d'usurpation, et saisir la CNIL en l'absence de réponse.
Que faire si l'opérateur refuse d'annuler le contrat malgré mes preuves ?
Vous pouvez saisir gratuitement le médiateur des communications électroniques, après avoir adressé une réclamation écrite à l'opérateur restée sans réponse satisfaisante (service client puis service consommateurs, ou saisine directe après deux mois). Le médiateur rend un avis sous trois mois maximum. La procédure est gratuite pour le consommateur.
En quoi Averida peut-il m'aider concrètement ?
Averida génère vos courriers (contestation à l'opérateur, lettre au recouvrement, demande de rectification Preventel) en citant les articles de loi exacts, les envoie en recommandé, suit les délais de réponse et vous alerte pour relancer ou saisir le médiateur. Averida n'est pas un cabinet d'avocats et ne garantit pas le résultat : le traitement reste à la discrétion des organismes.
Sources officielles
- Code civil, article 1128 (consentement, conditions de validité du contrat) — Légifrance
- Code pénal, article 226-4-1 (usurpation d'identité) — Légifrance
- Saisir le médiateur des communications électroniques (procédure, délais) — service-public.gouv.fr
- Preventel, base de prévention des impayés (gestionnaire, durée, droits) — CNIL
À lire aussi
Averida génère vos courriers juridiques et en assure l'envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.