Saisir le médiateur bancaire après un refus de remboursement
Mis à jour le 30 mai 2026
Si votre banque a refusé de vous rembourser après une fraude ou une usurpation, ou si elle laisse votre réclamation sans réponse, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur bancaire. C'est un tiers indépendant qui examine votre litige et propose une solution, sans frais ni avocat. Une condition est obligatoire : avoir d'abord adressé une réclamation écrite à votre banque et avoir reçu un refus, ou aucune réponse satisfaisante (article L. 612-2 du code de la consommation) ; pour une fraude touchant un moyen de paiement, la banque doit d'ailleurs vous répondre vite, sous 15 jours ouvrables (35 au maximum en cas de difficulté particulière). Le médiateur rend ensuite un avis dans un délai maximum de 90 jours, et sa saisine suspend les délais de prescription, ce qui protège vos droits. Cet avis n'est pas contraignant et la voie judiciaire reste toujours ouverte. Les coordonnées du médiateur figurent sur vos relevés de compte, dans votre convention de compte et sur le site internet de votre banque.
À quoi sert le médiateur bancaire, et quand y recourir
Le médiateur bancaire est une personne indépendante chargée de résoudre à l'amiable un litige entre vous et votre banque. La loi le prévoit expressément : l'article L. 316-1 du code monétaire et financier reconnaît à tout consommateur le droit de recourir gratuitement à un médiateur pour un litige qui l'oppose à un établissement de crédit, un établissement de paiement ou de monnaie électronique. Concrètement, après une fraude (carte débitée à votre insu, virement détourné par un faux conseiller, crédit ou compte ouvert à votre nom), si la banque refuse de rembourser ou conteste votre responsabilité, le médiateur peut débloquer la situation.
Le médiateur n'est ni un juge ni votre avocat. Il examine votre dossier et celui de la banque, puis propose une solution motivée. Cette procédure est conçue pour être simple, écrite, et accessible sans connaissance juridique. Elle s'adresse aux particuliers agissant pour leurs besoins personnels : un litige lié à votre activité professionnelle n'entre pas dans son champ.
Important : saisir le médiateur ne vous fait renoncer à rien. Si sa proposition ne vous convient pas, ou si la banque la refuse, vous gardez la possibilité d'agir devant le tribunal. La médiation est une étape supplémentaire, gratuite, qui n'empêche jamais le recours au juge.
La condition obligatoire : une réclamation écrite restée sans réponse ou refusée
Vous ne pouvez pas saisir directement le médiateur. L'article L. 612-2 du code de la consommation impose d'avoir d'abord tenté de résoudre le litige directement auprès de la banque, par une réclamation écrite. En pratique, cela suppose deux niveaux : un premier contact avec votre agence ou votre conseiller, puis, si la réponse ne vous satisfait pas, une réclamation formelle adressée au service réclamations de la banque, idéalement en recommandé avec accusé de réception pour garder une preuve datée.
La saisine du médiateur devient possible si la banque vous oppose un refus explicite, ou si elle ne vous apporte pas de réponse satisfaisante. Pour une réclamation portant sur un service de paiement (fraude à la carte, virement détourné, prélèvement non autorisé), la banque doit répondre sous 15 jours ouvrables, porté à 35 jours ouvrables au maximum en cas de difficulté particulière ; pour les autres litiges, le délai de réponse peut aller jusqu'à deux mois. C'est ce refus, ou cette absence de réponse dans les délais, qui ouvre la porte de la médiation. Conservez précieusement la copie de votre courrier, l'accusé de réception et la réponse éventuelle : le médiateur vous les demandera.
Attention aux délais : la demande de médiation doit être présentée dans un délai d'un an à compter de votre réclamation écrite à la banque. Passé ce délai, le médiateur peut déclarer votre demande irrecevable. La demande peut aussi être écartée si le litige est déjà devant un tribunal ou un autre médiateur, ou si elle est manifestement infondée ou abusive.
Une procédure gratuite, écrite, dans un délai de 90 jours
La médiation bancaire est entièrement gratuite pour vous : l'article L. 612-1 du code de la consommation pose le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation. Vous n'avez aucun honoraire à régler, et la présence d'un avocat n'est pas requise. Vous exposez votre litige par écrit, en joignant les pièces utiles (relevés, courriers, dépôt de plainte, échanges avec la banque).
Une fois votre dossier complet déclaré recevable, le médiateur dispose d'un délai maximum de 90 jours pour rendre son avis. Ce délai peut être prolongé en cas de litige complexe, mais le médiateur doit alors vous en informer. Pendant toute la durée de la médiation, les deux parties s'expriment et peuvent présenter leurs arguments.
L'avis du médiateur est une proposition de solution : il n'est pas contraignant. Vous êtes libre de l'accepter ou de le refuser, et la banque l'est aussi. S'il vous est favorable et que la banque l'accepte, le litige se règle sans procès. S'il ne résout pas la situation, vous pouvez saisir le tribunal compétent.
Un atout discret mais essentiel : la suspension des délais de prescription
Engager une médiation protège vos droits dans le temps. En application de l'article 2238 du code civil, la prescription est suspendue à compter du jour où les parties conviennent de recourir à la médiation ou, à défaut d'accord écrit, à compter de la première réunion de médiation. Autrement dit, le compteur des délais pour agir en justice est mis en pause pendant que le médiateur travaille votre dossier.
C'est un point important après une fraude bancaire, car certains délais d'action sont courts. Saisir le médiateur vous évite de voir vos droits s'éteindre pendant que vous cherchez une solution amiable. Une fois la médiation terminée, le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois.
Cette suspension est une raison de plus pour ne pas laisser traîner : plus vous adressez tôt votre réclamation écrite puis votre demande de médiation, mieux vos droits sont préservés, y compris si vous deviez finalement passer par la voie judiciaire.
Bien choisir : médiateur bancaire, médiateur de la consommation, ou tribunal
Chaque banque désigne un médiateur. Pour un litige avec votre établissement, c'est ce médiateur-là qu'il faut saisir, et non un médiateur de la consommation généraliste. Le cadre est le même (le code de la consommation, qui définit à l'article L. 611-1 la médiation et le médiateur de la consommation), mais le médiateur compétent est celui rattaché à votre banque. Ses coordonnées figurent obligatoirement sur vos relevés de compte, dans votre convention de compte et sur le site internet de la banque.
La médiation et la justice ne s'opposent pas : la médiation est une voie amiable et gratuite, le tribunal une voie contentieuse. Vous pouvez tenter la première sans renoncer à la seconde. Si la fraude relève d'une infraction pénale (usurpation d'identité, escroquerie), le dépôt de plainte est une démarche distincte et complémentaire, que vous pouvez mener en parallèle.
Pour préparer le fond de votre demande de remboursement, deux de nos guides détaillent les arguments et les articles à mobiliser face à la banque : « lettre-banque-usurpation » pour contester un refus de remboursement, et « spoofing-telephonique-arnaque-au-conseiller-bancaire » lorsque la fraude provient d'un faux conseiller. Notre guide pilier « usurpation-identite-que-faire » récapitule l'ensemble des démarches.
Comment Averida vous aide
Averida orchestre votre démarche de bout en bout. À partir de votre situation, l'outil génère votre réclamation écrite à la banque puis, si elle reste sans réponse ou est refusée, votre demande de saisine du médiateur bancaire, avec les bonnes références juridiques et la liste des pièces à joindre. Vous n'avez pas à rédiger vous-même un courrier juridique.
Averida envoie ces courriers en recommandé pour vous, ce qui constitue une preuve datée, et suit les délais légaux : le délai de réponse de la banque (15 jours ouvrables pour une fraude aux paiements, jusqu'à deux mois pour les autres litiges), le délai d'un an pour saisir le médiateur, les 90 jours de la médiation. Vous voyez à tout moment où en est votre dossier.
Enfin, Averida vous alerte au bon moment pour passer à l'étape suivante ou relancer : quand le délai de réponse de la banque est écoulé, quand il est temps de saisir le médiateur, ou quand l'avis se fait attendre. Averida n'est pas un cabinet d'avocats, ne donne pas de conseil juridique personnalisé et ne garantit pas l'issue de votre dossier : le traitement reste à la discrétion de la banque et du médiateur.
La démarche, étape par étape
Le parcours en un coup d’œil
Vous
Le point de départ de la démarche.
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1. Adressez d'abord une réclamation écrite à votre banque
Avant toute médiation, écrivez au service réclamations de votre banque, de préférence en recommandé avec accusé de réception. Exposez la fraude, le montant en jeu et votre demande de remboursement. Cette étape est obligatoire (article L. 612-2 du code de la consommation). Conservez la copie et l'accusé de réception.
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2. Attendez la réponse de la banque (15 jours ouvrables pour une fraude aux paiements)
La saisine du médiateur n'est possible que si la banque refuse, ou ne vous apporte pas de réponse satisfaisante. Pour une fraude touchant un moyen de paiement, la banque doit répondre sous 15 jours ouvrables (35 au maximum) ; pour les autres litiges, le délai peut aller jusqu'à deux mois. Notez la date d'envoi de votre courrier : elle fait courir ce délai. Gardez la réponse de la banque si elle vous parvient, même négative.
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3. Retrouvez les coordonnées du médiateur de votre banque
Elles figurent obligatoirement sur vos relevés de compte, dans votre convention de compte et sur le site internet de votre banque. C'est le médiateur rattaché à votre établissement qu'il faut saisir, pas un médiateur généraliste.
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4. Constituez votre dossier de saisine
Réunissez : votre réclamation écrite et l'accusé de réception, la réponse de la banque (ou la preuve de son silence), vos relevés montrant les opérations frauduleuses, le dépôt de plainte si vous en avez un, et un résumé clair du litige. Plus le dossier est complet, plus l'examen est rapide.
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5. Saisissez le médiateur (gratuitement) et présentez vos arguments
Envoyez votre demande au médiateur, par courrier ou via le formulaire en ligne de son site. La démarche est gratuite (article L. 612-1 du code de la consommation) et sans avocat. La saisine suspend les délais de prescription (article 2238 du code civil), ce qui protège vos droits pendant l'examen.
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6. Recevez l'avis sous 90 jours, puis décidez de la suite
Le médiateur rend son avis dans un délai maximum de 90 jours après la recevabilité du dossier. Cet avis est une proposition non contraignante. Si la solution vous convient et que la banque l'accepte, le litige est réglé. Sinon, vous pouvez saisir le tribunal : la voie judiciaire reste ouverte.
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Lancer mon diagnostic gratuitQuestions fréquentes
La saisine du médiateur bancaire est-elle vraiment gratuite ?
Oui. L'article L. 612-1 du code de la consommation pose le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation, et l'article L. 316-1 du code monétaire et financier le confirme pour les litiges avec votre banque. Vous n'avez aucun honoraire à payer et la présence d'un avocat n'est pas nécessaire.
Puis-je saisir le médiateur sans avoir écrit à ma banque avant ?
Non. La loi impose d'avoir d'abord tenté de résoudre le litige directement auprès de la banque par une réclamation écrite (article L. 612-2 du code de la consommation). La médiation ne devient possible qu'après un refus de la banque ou une absence de réponse satisfaisante (la banque doit répondre sous 15 jours ouvrables pour une fraude aux paiements, jusqu'à deux mois pour les autres litiges). Pensez à garder une preuve de votre courrier.
Combien de temps le médiateur met-il à répondre ?
Le médiateur dispose d'un délai maximum de 90 jours à compter du moment où votre dossier est déclaré recevable. Ce délai peut être prolongé pour les litiges complexes, mais il doit alors vous en informer. Son avis est une proposition que vous restez libre d'accepter ou de refuser.
Si l'avis du médiateur ne me convient pas, puis-je aller au tribunal ?
Oui. L'avis du médiateur n'est pas contraignant : ni vous ni la banque n'êtes obligés de le suivre. La voie judiciaire reste ouverte à tout moment. De plus, la médiation suspend les délais de prescription (article 2238 du code civil), ce qui préserve votre droit d'agir ensuite en justice.
Comment Averida m'aide dans cette démarche ?
Averida génère votre réclamation écrite à la banque puis votre demande de saisine du médiateur, les envoie en recommandé, suit les délais légaux (réponse de la banque sous 15 jours ouvrables pour une fraude aux paiements, un an pour saisir le médiateur, 90 jours de médiation) et vous alerte pour passer à l'étape suivante ou relancer. Averida n'est pas un cabinet d'avocats et ne garantit pas l'issue : le traitement dépend de la banque et du médiateur.
Sources officielles
- Code monétaire et financier, art. L316-1 (médiation bancaire gratuite) — Légifrance
- Code de la consommation, art. L612-1 (droit à une médiation gratuite) — Légifrance
- Code de la consommation, art. L612-2 (réclamation écrite préalable, délai d'un an) — Légifrance
- Médiateur bancaire : comment y recourir ? — Service-Public.gouv.fr (F20523)
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Averida génère vos courriers juridiques et en assure l'envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.