Faux conseiller bancaire (spoofing) : comment réagir et se faire rembourser
Mis à jour le 30 mai 2026
Le spoofing téléphonique consiste, pour un escroc, à faire apparaître sur votre téléphone le vrai numéro de votre banque pour se faire passer pour un conseiller du « service fraude » et vous pousser à valider des opérations, à donner un code reçu par SMS ou à communiquer vos identifiants. Sachez d'abord ceci : une banque ne vous demande jamais par téléphone votre mot de passe, un code de confirmation, ni de valider ou d'annuler une opération depuis votre application. Si des paiements non autorisés apparaissent, la loi prévoit que vous les signaliez sans tarder à votre banque, au plus tard dans les treize mois suivant le débit (article L. 133-24 du Code monétaire et financier). En principe, la banque doit alors vous rembourser au plus tard le premier jour ouvrable suivant votre signalement, sauf si elle prouve une fraude de votre part ou une négligence grave (articles L. 133-18 et L. 133-19). Ce guide vous explique vos droits, ce qui se joue autour de la « négligence grave » et la marche à suivre concrète pour contester et demander le remboursement.
Spoofing et faux conseiller : de quoi parle-t-on exactement
Le spoofing (usurpation d'affichage) permet à un escroc de faire apparaître sur votre écran le numéro officiel de votre banque, parfois même le nom enregistré dans vos contacts. L'appel paraît donc légitime. L'escroc se présente comme un conseiller du service anti-fraude, affirme qu'une opération suspecte est en cours et crée un sentiment d'urgence pour court-circuiter votre vigilance.
Le but est de vous faire réaliser vous-même l'action frauduleuse : valider une opération dans votre application, dicter un code de sécurité reçu par SMS, confirmer un virement présenté comme une « annulation » ou « sécurisation », ou communiquer vos identifiants. Cette technique combine spoofing (affichage usurpé) et vishing (hameçonnage par la voix).
Le réflexe protecteur tient en une phrase, rappelée par les autorités : votre banque ne vous demande jamais par téléphone vos codes, ni de valider, annuler ou « sécuriser » une opération via votre application. En cas de doute, raccrochez et rappelez votre banque sur le numéro figurant au dos de votre carte ou sur vos relevés.
Ce que dit la loi : remboursement des opérations non autorisées
Le principe est posé par l'article L. 133-18 du Code monétaire et financier : en cas d'opération de paiement non autorisée que vous avez signalée, votre banque doit vous rembourser le montant « immédiatement » et « au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant », puis rétablir votre compte dans l'état où il se serait trouvé sans l'opération. La seule réserve prévue par le texte est que la banque ait de « bonnes raisons de soupçonner une fraude » de votre part et qu'elle les communique par écrit à la Banque de France.
Le même article prévoit qu'en cas de remboursement tardif, les sommes dues produisent des intérêts au taux légal majoré (cinq points, puis dix points au-delà de sept jours de retard, puis quinze points au-delà de trente jours). Autrement dit, le remboursement immédiat est la règle, pas une faveur.
L'article L. 133-19 précise les cas où, à l'inverse, vous pouvez rester à votre charge. Son paragraphe IV indique que vous supportez les pertes uniquement si elles résultent d'un « agissement frauduleux » de votre part, ou si vous avez manqué « intentionnellement ou par négligence grave » à vos obligations de sécurité. Son paragraphe V ajoute que, sauf fraude de votre part, vous ne supportez aucune conséquence financière si l'opération a été réalisée sans que la banque exige une authentification forte.
Le point sensible : la « négligence grave » et le spoofing
Tout se joue souvent autour de la notion de négligence grave. Pour refuser le remboursement, ce n'est pas à vous de prouver votre prudence : c'est à la banque d'apporter la preuve d'une fraude de votre part ou d'une négligence grave (article L. 133-19, IV ; l'article L. 133-23 du Code monétaire et financier met cette charge de la preuve à la charge du prestataire de paiement). C'est un point important, car les banques opposent fréquemment cette négligence aux victimes de faux conseillers.
La défense centrale des victimes de spoofing tient au caractère trompeur du procédé : quand l'appel affiche le véritable numéro de la banque et qu'un interlocuteur cite des informations exactes sur le compte, le fait de s'être laissé convaincre ne traduit pas automatiquement une négligence grave. Les juridictions apprécient la situation au cas par cas, en tenant compte des manœuvres employées pour vous tromper et du caractère plus ou moins crédible du scénario. La jurisprudence sur ce sujet évolue ; nous nous en tenons ici au principe légal vérifié, sans surpromettre une issue qui dépend de chaque dossier.
Restez toutefois lucide : le débat est plus délicat lorsque vous avez vous-même, sous l'effet de la ruse, validé une opération ou communiqué un code malgré des alertes. La banque pourra tenter d'y voir une négligence. Cela ne ferme pas la porte au remboursement, mais cela renforce l'intérêt de contester par écrit, de conserver toutes les preuves et, si la banque refuse, de saisir les recours décrits plus bas.
Contester par écrit et activer les bons recours
Le signalement verbal ne suffit pas : adressez à votre banque une contestation écrite, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception, en demandant explicitement le remboursement sur le fondement des articles L. 133-18 et L. 133-19 du Code monétaire et financier. Joignez le récépissé de plainte, la liste des opérations contestées et tout élément utile (heure de l'appel, numéro affiché, SMS reçus, captures d'écran).
Si la banque refuse ou ne répond pas, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur bancaire dont les coordonnées figurent sur vos relevés et sur le site de votre banque. La saisine du médiateur ne vous prive d'aucun droit et n'interrompt pas le délai légal de remboursement déjà acquis.
Conservez une trace de chaque échange et respectez la limite de l'article L. 133-24 : le signalement doit intervenir sans tarder et au plus tard dans les treize mois suivant le débit, sous peine de forclusion. Plus vous agissez vite, plus votre dossier est solide.
Signaler le numéro frauduleux et déposer plainte
En parallèle du volet bancaire, signalez le numéro et les SMS frauduleux au 33700, la plateforme officielle de lutte contre les appels et SMS indésirables. Vous pouvez transférer un SMS suspect au 33700 ou effectuer un signalement en ligne ; cela aide à faire bloquer les numéros utilisés par les escrocs.
Déposez plainte pour escroquerie (article 313-1 du Code pénal) et usurpation d'identité : c'est une pièce attendue par votre banque et un acte utile pour la suite. La plainte se dépose en commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur de la République : le faux conseiller par téléphone n'entre pas dans le périmètre du service en ligne THESEE, réservé à certaines escroqueries commises sur internet. Un guide dédié sur notre site détaille cette démarche pas à pas.
Pensez aussi à la sécurisation immédiate : faire opposition sur les moyens de paiement concernés, changer vos identifiants et codes d'accès, et demander le blocage des opérations en cours. Si vous avez communiqué des informations personnelles, restez vigilant face à d'éventuelles réutilisations frauduleuses.
Comment Averida vous aide
Averida orchestre vos démarches sans vous laisser seul face aux courriers. À partir de votre situation, l'outil génère votre lettre de contestation et de demande de remboursement à la banque, en y intégrant les références utiles du Code monétaire et financier, prête à imprimer ou à envoyer.
Averida envoie ensuite vos courriers en recommandé avec accusé de réception via un service d'envoi intégré, suit les délais légaux applicables (notamment le délai de réponse de la banque) et vous alerte au bon moment pour relancer si aucune réponse n'arrive. Vous gardez à tout instant une vision claire de l'état de chaque courrier et des preuves rassemblées.
Averida ne se substitue pas à votre banque ni à un avocat : l'outil génère, envoie, suit et alerte, mais l'issue du remboursement reste à la discrétion des organismes destinataires. Pour les courriers connexes, des guides dédiés existent sur notre site, comme la lettre à la banque en cas d'usurpation et le dépôt de plainte pour usurpation d'identité.
La démarche, étape par étape
Le parcours en un coup d’œil
Vous
Le point de départ de la démarche.
- 1
Coupez court et sécurisez immédiatement
Raccrochez si on vous demande un code ou une validation, même si le numéro affiché est celui de votre banque. Rappelez votre banque sur le numéro officiel (dos de la carte, relevés), faites opposition sur les moyens de paiement concernés et demandez le blocage des opérations en cours.
- 2
Recensez et figez les preuves
Notez l'heure de l'appel, le numéro affiché, le nom du faux conseiller, et conservez SMS, e-mails et captures d'écran de l'application. Éditez la liste précise des opérations non autorisées avec leurs montants et dates de débit.
- 3
Signalez sans tarder à votre banque
Déclarez les opérations non autorisées à votre banque le plus vite possible. La loi impose un signalement sans tarder et au plus tard dans les treize mois suivant le débit (article L. 133-24), sous peine de forclusion.
- 4
Envoyez une contestation écrite avec demande de remboursement
Adressez une lettre recommandée avec accusé de réception réclamant le remboursement sur le fondement des articles L. 133-18 et L. 133-19. Rappelez que la banque doit rembourser au plus tard le premier jour ouvrable suivant, sauf à prouver une fraude ou une négligence grave de votre part.
- 5
Signalez le numéro au 33700 et déposez plainte
Signalez le numéro et les SMS frauduleux au 33700. Déposez plainte pour escroquerie (article 313-1 du Code pénal) et usurpation en commissariat, en gendarmerie ou auprès du procureur (le faux conseiller par téléphone n'entre pas dans le périmètre de THESEE) : le récépissé renforce votre dossier auprès de la banque.
- 6
Relancez puis saisissez le médiateur en cas de refus
Si la banque tarde ou refuse, relancez par écrit en réclamant les intérêts de retard prévus par l'article L. 133-18, puis saisissez gratuitement le médiateur bancaire dont les coordonnées figurent sur vos relevés.
L’organisme traite votre demande
Averida suit le délai légal de réponse et génère une relance si personne ne répond.
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Le diagnostic est gratuit et sans inscription : il identifie vos démarches et prépare les bons courriers, prêts à partir en recommandé.
Lancer mon diagnostic gratuitQuestions fréquentes
La banque peut-elle refuser de me rembourser parce que j'ai moi-même validé l'opération ?
Elle peut le tenter, mais le refus n'est légalement justifié que si elle prouve une fraude de votre part ou une négligence grave (article L. 133-19, IV). Le fait d'avoir été trompé par un appel affichant le vrai numéro de la banque ne caractérise pas automatiquement une négligence grave : les juges apprécient au cas par cas. D'où l'importance de contester par écrit et de conserver toutes vos preuves.
Dans quel délai la banque doit-elle me rembourser ?
Selon l'article L. 133-18 du Code monétaire et financier, une fois l'opération non autorisée signalée, la banque doit rembourser immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, puis rétablir le compte. En cas de retard, des intérêts au taux légal majoré s'appliquent.
Jusqu'à quand puis-je contester une opération frauduleuse ?
Vous devez signaler l'opération non autorisée sans tarder et, en tout état de cause, dans les treize mois suivant la date de débit (article L. 133-24), sous peine de forclusion. Pour un particulier agissant à titre non professionnel, ce délai ne peut pas être raccourci par contrat.
Faut-il déposer plainte et signaler le numéro ?
Oui. Signalez le numéro et les SMS au 33700, la plateforme officielle. Déposez plainte pour escroquerie et usurpation en commissariat, en gendarmerie ou auprès du procureur : c'est une pièce utile pour votre banque et pour la suite. Le service en ligne THESEE est réservé à certaines escroqueries commises sur internet et ne couvre pas le faux conseiller par téléphone.
Comment Averida m'aide concrètement ?
Averida génère votre lettre de contestation et de demande de remboursement avec les références juridiques utiles, l'envoie en recommandé avec accusé de réception, suit les délais légaux et vous alerte pour relancer. L'outil orchestre vos démarches ; il ne garantit pas l'issue, qui dépend des organismes destinataires.
Sources officielles
- Code monétaire et financier, art. L. 133-18 (remboursement des opérations non autorisées) — Légifrance
- Code monétaire et financier, art. L. 133-19 (responsabilité du payeur, négligence grave, authentification forte) — Légifrance
- Code monétaire et financier, art. L. 133-24 (délai de signalement de 13 mois) — Légifrance
- Le 33700, plateforme officielle de signalement des SMS et appels frauduleux
- SMS et appels indésirables : le 33700 facilite le signalement des numéros frauduleux — economie.gouv.fr (DGCCRF)
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Averida génère vos courriers juridiques et en assure l'envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.