Authentification forte (DSP2) : vos droits quand la banque refuse de rembourser
Quand vous contestez une opération de paiement que vous n'avez pas autorisée, la charge de la preuve ne pèse pas sur vous : l'article L133-23 du Code monétaire et financier impose au prestataire de services de paiement de prouver que l'opération a été authentifiée, enregistrée et comptabilisée — et il précise que l'utilisation de l'instrument de paiement ne suffit pas à établir que vous l'avez autorisée. Une banque qui se contente d'affirmer qu'une « authentification forte » a eu lieu ne satisfait donc pas à cette obligation.
Les délais à respecter
| Démarche | Délai |
|---|---|
| Contester une opération non autoriséeDélai de l'article L133-24 du Code monétaire et financier, à compter de la date de débit. Réduit à 70 jours lorsque le prestataire du bénéficiaire est situé hors de l'Espace économique européen. | 13 mois |
| Remboursement par la banqueArticle L133-18 : remboursement immédiat, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de la contestation. | 1er jour ouvrable suivant |
Ce que votre banque doit prouver, et ce que vous n'avez pas à prouver
L'article L133-23 du Code monétaire et financier est le texte central. Il prévoit que lorsqu'un utilisateur nie avoir autorisé une opération, il revient à son prestataire de services de paiement de prouver que l'opération a été authentifiée, dûment enregistrée et comptabilisée, et qu'elle n'a pas été affectée par une déficience technique.
Le même article ajoute une précision décisive : l'utilisation de l'instrument de paiement, telle qu'enregistrée par le prestataire, ne suffit pas nécessairement à prouver que l'opération a été autorisée par le payeur, ni qu'il aurait commis une négligence grave.
Autrement dit, produire un journal technique montrant qu'un code a été saisi ne clôt pas le débat. C'est l'inverse du raisonnement que l'on oppose souvent aux victimes : « il y a eu authentification forte, donc c'est vous ».
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Diagnostic gratuitL'authentification forte : ce que la loi impose à la banque
L'article L133-44 du Code monétaire et financier impose au prestataire d'appliquer l'authentification forte lorsque le payeur accède à son compte de paiement en ligne, initie une opération de paiement électronique, ou exécute une opération par un moyen de communication à distance susceptible de comporter un risque de fraude.
Cette obligation pèse sur la banque, pas sur vous. Si l'opération contestée a été exécutée sans authentification forte alors qu'elle en relevait, c'est un manquement du prestataire — et non un indice de votre responsabilité.
À l'inverse, le fait qu'une authentification forte ait techniquement eu lieu n'établit pas à lui seul que c'est vous qui l'avez réalisée. Les techniques d'hameçonnage et de « faux conseiller bancaire » consistent précisément à faire valider l'opération par la victime elle-même, sous une fausse urgence.
Franchise, absence de franchise : ce que vous supportez vraiment
L'article L133-19 du Code monétaire et financier distingue plusieurs cas. En cas d'opération non autorisée consécutive à la perte ou au vol de l'instrument de paiement, le payeur supporte, avant d'avoir informé sa banque, les pertes dans une limite plafonnée.
Mais ce plafond ne s'applique pas dans tous les cas : le même article écarte toute franchise dans certaines situations, notamment lorsque l'opération a été effectuée sans que le prestataire exige une authentification forte.
La règle générale de remboursement figure à l'article L133-18 : lorsque l'opération n'a pas été autorisée, la banque rembourse immédiatement le montant, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de la contestation.
« Négligence grave » : une exception, pas une règle
Les banques opposent fréquemment la négligence grave pour refuser le remboursement. C'est une exception, et c'est à elles de l'établir : l'article L133-23 précise que le simple relevé d'utilisation de l'instrument ne suffit pas à la prouver.
Ce point mérite d'être rappelé par écrit dans votre contestation, parce qu'il inverse la discussion. Vous n'avez pas à démontrer votre prudence : la banque doit démontrer votre négligence, et elle doit le faire par des éléments précis.
Averida ne se prononce pas sur l'issue de votre dossier : l'appréciation de la négligence grave relève du juge, au cas par cas. Ce guide décrit la répartition de la charge de la preuve, pas un résultat.
Si la banque maintient son refus
Adressez d'abord une réclamation écrite au service clientèle, puis au service réclamations de l'établissement. Conservez chaque envoi et chaque réponse : c'est ce dossier qui fondera la suite.
Si la réponse ne vous satisfait pas, ou en l'absence de réponse, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur bancaire de votre établissement. Ses coordonnées figurent sur vos relevés de compte et sur le site de la banque.
La voie judiciaire reste ouverte ensuite. Les délais de contestation étant enfermés dans des limites strictes (voir ci-dessous), n'attendez pas l'issue amiable pour contester formellement l'opération.
La démarche, étape par étape
Le parcours en un coup d’œil
Vous
Le point de départ de la démarche.
- 1
Faire opposition sans attendre
Opposition immédiate auprès de votre banque, par téléphone puis confirmée par écrit. C'est cette information qui arrête la part de pertes que vous pourriez supporter au titre de l'article L133-19.
- 2
Contester l'opération par écrit
Une contestation écrite, datée, listant chaque opération contestée avec son montant et sa date. L'écrit fait courir l'obligation de remboursement de l'article L133-18 et constitue votre preuve de diligence.
- 3
Demander les éléments de preuve
Demandez par écrit à la banque de produire ce que L133-23 met à sa charge : la preuve que l'opération a été authentifiée, enregistrée, comptabilisée, et qu'aucune déficience technique ne l'a affectée.
- 4
Déposer plainte
Le dépôt de plainte n'est pas une condition du remboursement, mais le récépissé documente la fraude et renforce le dossier, en particulier si la banque invoque la négligence grave.
- 5
Saisir le médiateur bancaire
En cas de refus persistant, la saisine du médiateur de votre banque est gratuite. Elle suppose d'avoir d'abord adressé une réclamation écrite à l'établissement.
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Questions fréquentes
Ma banque dit qu'il y a eu authentification forte, puis-je encore contester ?
Oui. L'article L133-23 du Code monétaire et financier prévoit expressément que l'utilisation de l'instrument de paiement enregistrée par le prestataire ne suffit pas nécessairement à prouver que l'opération a été autorisée par le payeur, ni qu'il a commis une négligence grave.
Dois-je prouver que ce n'est pas moi ?
Non. La charge de la preuve pèse sur le prestataire de services de paiement : c'est à lui de prouver que l'opération a été authentifiée, dûment enregistrée et comptabilisée, et qu'elle n'a pas été affectée par une déficience technique.
Jusqu'à quand puis-je contester ?
L'article L133-24 fixe un délai de treize mois à compter de la date de débit pour signaler une opération non autorisée. Ce délai est ramené à soixante-dix jours lorsque le prestataire du bénéficiaire est situé hors de l'Espace économique européen.
Le dépôt de plainte est-il obligatoire pour être remboursé ?
Non, le remboursement des opérations non autorisées ne dépend pas d'un dépôt de plainte. Le récépissé reste utile pour documenter la fraude, notamment si la banque invoque une négligence grave.
Sources officielles
- Article L133-23 du Code monétaire et financier (charge de la preuve de l'authentification) — Légifrance
- Article L133-44 du Code monétaire et financier (authentification forte) — Légifrance
- Article L133-19 du Code monétaire et financier (franchise et cas d'exclusion) — Légifrance
- Fraude à la carte bancaire : que faire ? — service-public.gouv.fr
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Averida génère vos courriers juridiques et vous accompagne dans leur envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.