Aller au contenu
Tous les guides

Le commissariat refuse de prendre ma plainte pour usurpation d'identité : que faire ?

Mis à jour le 11 septembre 2026Articles de loi vérifiés sur Légifrance

En France, toute victime d’usurpation d’identité a le droit de déposer plainte, même si l’auteur des faits est inconnu. Si un commissariat ou une gendarmerie refuse de prendre votre plainte, des recours existent pour faire enregistrer votre signalement. Ce guide détaille les étapes à suivre, les textes de loi applicables et les alternatives pour protéger vos droits, sans promesse de résultat. Les informations ci-dessous s’appuient sur des sources officielles et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé.

Pourquoi un commissariat peut-il refuser de prendre ma plainte ?

Un refus de prise de plainte peut survenir pour plusieurs raisons, souvent liées à une interprétation stricte des procédures. Par exemple, certains services estiment que l’usurpation d’identité ne relève pas de leur compétence territoriale (lieu de l’infraction) ou que les preuves apportées sont insuffisantes. Pourtant, l’**article 15-3 du Code de procédure pénale** (à vérifier) impose aux officiers de police judiciaire de recevoir les plaintes, même si l’enquête relève d’une autre juridiction.

Dans le cas d’une usurpation d’identité en ligne, certains commissariats peuvent orienter vers une plainte en ligne via la plateforme **THESEE** (pour les arnaques sur internet), sans pour autant refuser d’enregistrer la plainte sur place. Il est important de distinguer un refus illégal d’une simple orientation vers une procédure adaptée.

Enfin, un refus peut être motivé par une méconnaissance des textes récents, comme l’**article 226-4-1 du Code pénal** (à vérifier), qui réprime spécifiquement l’usurpation d’identité. Dans ce cas, il est utile de rappeler calmement ce cadre légal.

Cette situation vous concerne ? Le diagnostic gratuit identifie vos démarches et prépare vos courriers, prêts à envoyer.

Diagnostic gratuit

Quels sont mes droits en cas de refus ?

En France, le dépôt de plainte est un droit pour toute victime d’infraction, y compris en cas d’usurpation d’identité. L’**article 15-3 du Code de procédure pénale** (à vérifier) précise que les officiers de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes, quel que soit le lieu de commission de l’infraction. Un refus non motivé par des raisons légales (comme l’incompétence territoriale) peut constituer une entrave à l’exercice des droits de la victime.

Si le commissariat refuse d’enregistrer votre plainte, vous pouvez exiger un **récépissé de dépôt de plainte** ou, à défaut, un **procès-verbal de refus** (mentionnant les motifs du refus). Ce document sera utile pour engager des recours ultérieurs.

Par ailleurs, la **loi n° 2021-478 du 21 avril 2021** (à vérifier) a renforcé les obligations des forces de l’ordre en matière d’accueil des victimes, notamment pour les infractions liées à la cybercriminalité. Les refus abusifs peuvent être signalés au **procureur de la République** ou à l’**Inspection générale de la Police nationale (IGPN)**.

Quelles alternatives si la plainte est refusée sur place ?

Si le commissariat refuse d’enregistrer votre plainte, plusieurs alternatives s’offrent à vous pour faire valoir vos droits :

- **Plainte en ligne** : La plateforme **THESEE** (pour les arnaques sur internet) ou le formulaire de **plainte en ligne pour atteintes aux biens** (Service-Public.gouv.fr) permettent de déposer une plainte à distance, sans vous déplacer. Ces procédures sont encadrées par l’**article 15-3-1 du Code de procédure pénale** (à vérifier).

- **Plainte par courrier** : Vous pouvez envoyer une plainte écrite au **procureur de la République** du tribunal judiciaire compétent (lieu de l’infraction ou de votre domicile). Ce courrier doit être envoyé en **recommandé avec accusé de réception** et contenir tous les éléments de preuve (copies de documents, captures d’écran, etc.).

- **Signalement à la CNIL** : Si l’usurpation d’identité implique un traitement illicite de vos données personnelles (ex. : ouverture de comptes frauduleux), vous pouvez saisir la **CNIL** via son [formulaire en ligne](https://www.cnil.fr/fr/agir). La CNIL peut enquêter et sanctionner les organismes responsables (banques, administrations, etc.).

- **Signalement à PHAROS** : Pour les contenus illicites en ligne (faux profils, escroqueries), vous pouvez utiliser la plateforme **[PHAROS](https://www.internet-signalement.gouv.fr/)**. Ce signalement peut déclencher une enquête pénale.

Comment contester un refus de plainte ?

Si vous estimez que le refus de plainte est injustifié, vous pouvez engager des recours pour faire enregistrer votre signalement :

- **Saisir le procureur de la République** : Envoyez un courrier au procureur du tribunal judiciaire compétent (modèle disponible sur [Service-Public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/)) pour lui demander d’ordonner l’enregistrement de votre plainte. Joignez une copie du procès-verbal de refus (si vous en avez obtenu un) et tous les éléments de preuve.

- **Saisir l’IGPN ou l’IGGN** : Si le refus émane de la police nationale ou de la gendarmerie, vous pouvez signaler les faits à l’**Inspection générale de la Police nationale (IGPN)** ou à l’**Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN)**. Ces instances peuvent enquêter sur les manquements des forces de l’ordre.

- **Saisir le Défenseur des droits** : Le [Défenseur des droits](https://www.defenseurdesdroits.fr/) peut intervenir en cas de refus discriminatoire ou abusif. Il peut émettre des recommandations pour faire respecter vos droits.

- **Recourir à un médiateur** : Si le refus est lié à un litige avec une administration (ex. : refus de renouveler une pièce d’identité), vous pouvez saisir le **médiateur de la République** ou le médiateur compétent pour le secteur concerné (banque, télécoms, etc.).

La démarche, étape par étape

Le parcours en un coup d’œil

  1. Vous

    Le point de départ de la démarche.

  2. 1

    Étape 1 : Demander un récépissé ou un procès-verbal de refus

    Lors du dépôt de plainte, si le commissariat refuse de l’enregistrer, demandez un **récépissé de dépôt de plainte** ou, à défaut, un **procès-verbal de refus** mentionnant les motifs du refus. Ce document sera utile pour engager des recours. Vous pouvez vous appuyer sur l’**article 15-3 du Code de procédure pénale** (à vérifier) pour rappeler que les officiers de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes.

  3. 2

    Étape 2 : Déposer une plainte en ligne ou par courrier

    Si la plainte est refusée sur place, utilisez les alternatives suivantes : - **Plainte en ligne** : Via la plateforme [THESEE](https://www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/thesee-arnaques-internet-plainte-en-ligne) (pour les arnaques sur internet) ou le formulaire de [plainte en ligne pour atteintes aux biens](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R19620) (Service-Public.gouv.fr). - **Plainte par courrier** : Envoyez une plainte écrite au **procureur de la République** du tribunal judiciaire compétent (modèle disponible sur [Service-Public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/)). Joignez tous les éléments de preuve (copies de documents, captures d’écran, etc.).

  4. 3

    Étape 3 : Signaler l’usurpation aux organismes concernés

    En parallèle du dépôt de plainte, signalez l’usurpation aux organismes suivants pour limiter les conséquences : - **Banques** : Faites opposition sur vos comptes et cartes bancaires (via le **3179** ou le numéro indiqué sur votre contrat). Signalez les fraudes à votre banque et demandez un remboursement (voir **articles L133-18 et L133-24 du Code monétaire et financier**, à vérifier). - **CNIL** : Si vos données personnelles ont été utilisées illégalement, saisissez la [CNIL](https://www.cnil.fr/fr/agir). - **Urssaf** : Si votre identité a été usurpée pour des démarches administratives, signalez-le via le [formulaire dédié](https://www.urssaf.fr/accueil/services/signalement-usurpation-identite.html). - **Assurance Maladie** : En cas d’usurpation de votre numéro de sécurité sociale, contactez votre [compte Ameli](https://www.ameli.fr/).

  5. 4

    Étape 4 : Contester le refus auprès du procureur de la République

    Si le refus de plainte vous semble injustifié, envoyez un courrier au **procureur de la République** du tribunal judiciaire compétent pour lui demander d’ordonner l’enregistrement de votre plainte. Joignez une copie du procès-verbal de refus (si vous en avez obtenu un) et tous les éléments de preuve. Vous pouvez utiliser le modèle de courrier disponible sur [Service-Public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/).

  6. 5

    Étape 5 : Saisir les instances de contrôle (IGPN, Défenseur des droits)

    Si le refus persiste, vous pouvez saisir : - **L’IGPN ou l’IGGN** : Pour signaler un refus abusif de la part de la police ou de la gendarmerie. Contactez l’[IGPN](https://www.igpn.police-nationale.interieur.gouv.fr/) ou l’[IGGN](https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/). - **Le Défenseur des droits** : Pour un refus discriminatoire ou une entrave à vos droits. Remplissez le [formulaire en ligne](https://www.defenseurdesdroits.fr/).

  7. 6

    Étape 6 : Consulter un avocat ou une association d’aide aux victimes

    Si les démarches administratives n’aboutissent pas, vous pouvez consulter un avocat spécialisé en droit pénal ou en cybercriminalité pour évaluer les recours possibles. Les associations d’aide aux victimes, comme **France Victimes** (numéro **116 006**), peuvent également vous accompagner gratuitement dans vos démarches. Retrouvez la liste des associations sur [France Victimes](https://www.france-victimes.fr/).

  8. L’organisme traite votre demande

    Averida suit le délai légal de réponse et génère une relance si personne ne répond.

Averida génère tous vos courriers, prêts à envoyer

Le diagnostic est gratuit et sans inscription : il identifie vos démarches et prépare les bons courriers, prêts à télécharger, imprimer et envoyer.

Lancer mon diagnostic gratuit

Repartez avec un modèle de lettre gratuit

On vous l'envoie par e-mail, prêt à adapter à votre situation. Sans engagement.

On vous envoie ce modèle par e-mail. Averida pourra vous tenir informé de vos démarches ; désinscription sur simple demande.

Questions fréquentes

Le commissariat peut-il refuser ma plainte pour usurpation d’identité ?

Non, en principe. L’**article 15-3 du Code de procédure pénale** (à vérifier) oblige les officiers de police judiciaire à recevoir les plaintes, même si l’infraction a été commise hors de leur ressort territorial. Un refus doit être motivé par des raisons légales (ex. : incompétence territoriale) et non par un manque de preuves ou de temps. En cas de refus abusif, vous pouvez exiger un procès-verbal de refus et engager des recours.

Que faire si le commissariat me dit que l’usurpation d’identité n’est pas une infraction ?

L’usurpation d’identité est une infraction pénale punie par l’**article 226-4-1 du Code pénal** (à vérifier), qui prévoit jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Si le commissariat méconnaît ce texte, vous pouvez lui rappeler ce cadre légal ou orienter votre plainte vers le **procureur de la République** ou la plateforme **THESEE** pour les arnaques en ligne.

Puis-je porter plainte en ligne si le commissariat refuse de me recevoir ?

Oui. La plateforme **[THESEE](https://www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/thesee-arnaques-internet-plainte-en-ligne)** permet de déposer une plainte en ligne pour les arnaques sur internet, y compris l’usurpation d’identité. Vous pouvez également utiliser le formulaire de [plainte en ligne pour atteintes aux biens](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R19620) (Service-Public.gouv.fr). Ces procédures sont encadrées par l’**article 15-3-1 du Code de procédure pénale** (à vérifier).

Comment prouver une usurpation d’identité si je n’ai pas de preuves ?

Même sans preuves matérielles, vous pouvez déposer plainte en décrivant les faits de manière détaillée (dates, circonstances, conséquences). Les enquêteurs pourront ensuite recueillir des preuves (relevés bancaires, captures d’écran, témoignages, etc.). Vous pouvez également demander à la **CNIL** d’enquêter sur les traitements illicites de vos données personnelles (voir [CNIL - Agir](https://www.cnil.fr/fr/agir)).

Combien de temps ai-je pour porter plainte pour usurpation d’identité ?

Le délai de prescription pour l’usurpation d’identité, en tant que délit, est de **6 ans** à compter de la découverte des faits (voir **article 8 du Code de procédure pénale**, à vérifier). Cependant, il est recommandé de déposer plainte dès que possible pour faciliter l’enquête et limiter les conséquences (ex. : fraudes bancaires, fichage FICP).

Sources officielles

À lire aussi

Averida génère vos courriers juridiques et vous accompagne dans leur envoi. Le traitement de votre dossier reste à la discrétion des organismes destinataires. Cet outil ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de ce guide sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit adapté à votre situation.